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Guide budget achat immobilier : conseils pratiques #2

Conseils et calculs pour établir son budget pour un premier achat immobilier. Cas pratique numéro 2 avec exemples et conseils adaptés aux primo-accédants immobilier.

Établir un budget précis est la première étape essentielle pour un premier achat immobilier. Ce guide vous fournit des conseils pratiques et des calculs pour définir votre capacité financière, en tenant compte de tous les frais et aides disponibles.

Établir son budget pour un premier achat immobilier, c’est bien plus qu’additionner apport et capacité d’emprunt. Ce guide pratique numéro 2 vous accompagne pas à pas avec un cas réel, des chiffres actualisés pour 2025-2026 et des conseils concrets pour éviter les erreurs classiques des primo-accédants.

Quel est le budget d’achat immobilier pour un couple de 31 ans en CDI dans la région lyonnaise ?

Pour rendre ce guide opérationnel, nous allons suivre Léa et Thomas tout au long de leur démarche. Un couple type, sans héritage, avec un apport constitué progressivement.

Leur profil :

  • Revenus nets mensuels combinés : 4 800 €
  • Apport disponible : 24 000 €
  • Charges actuelles : loyer 950 €/mois, aucun crédit en cours
  • Projet : acheter un appartement 3 pièces en première couronne lyonnaise, budget cible 260 000 €

Ce profil est représentatif d’une grande partie des primo-accédants français en 2025. Décortiquons ensemble chaque étape de leur calcul budgétaire.


Comment calculer sa capacité d’emprunt réelle en 2025 ?

La règle des 35 % de taux d’endettement reste le plafond de référence fixé par le HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière). Elle s’applique sur les revenus nets avant impôt sur le revenu.

Calcul pour Léa et Thomas :

  • Revenus nets mensuels : 4 800 €
  • Taux d’endettement maximal : 35 %
  • Mensualité maximale autorisée : 4 800 × 35 % = 1 680 €/mois

Avec un taux moyen de 3,5 % sur 25 ans en 2025, leur capacité d’emprunt brute atteint environ 295 000 €. En retirant l’assurance emprunteur (environ 0,25 % du capital), la mensualité réelle tombe à 1 590 € pour rester sous le plafond.

À noter : les banques retiennent souvent 70 % des revenus locatifs si vous avez déjà un investissement. Pour les primo-accédants sans autre bien, le calcul est simplifié.


Quels sont tous les frais à intégrer dans le budget d’un achat immobilier ?

C’est ici que beaucoup de primo-accédants se font surprendre. Le prix affiché du bien n’est jamais le coût total. Voici les postes à anticiper :

Les frais incompressibles :

  • Frais de notaire : entre 7 et 8 % dans l’ancien, 2 à 3 % dans le neuf
  • Frais de garantie : caution bancaire (Crédit Logement) ou hypothèque, entre 0,8 et 1,5 % du montant emprunté
  • Frais de dossier bancaire : généralement entre 500 € et 1 500 €
  • Frais de courtage : entre 0 et 1 500 € selon les courtiers (souvent gratuit si commissionné par la banque)

Les frais souvent sous-estimés :

  • Déménagement : 1 000 à 3 000 € selon la distance
  • Petits travaux ou rafraîchissement : variable mais prévoir un minimum de 5 000 € pour un ancien
  • Frais de copropriété à l’entrée : fonds de roulement et fonds travaux (environ 2 à 3 mois de charges)
  • Assurances habitation : compter 200 à 500 €/an

Application au cas de Léa et Thomas :

Poste de dépenseMontant estimé
Prix du bien260 000 €
Frais de notaire (7,5 %)19 500 €
Garantie (caution Crédit Logement)2 100 €
Frais de dossier banque1 000 €
Déménagement1 500 €
Travaux/rafraîchissement6 000 €
Fonds de roulement copro800 €
Total réel du projet290 900 €

Avec 24 000 € d’apport, Léa et Thomas doivent donc emprunter 266 900 €. Leur apport ne couvre que les frais de notaire partiellement — c’est un point à négocier avec la banque.


Quel est l’apport minimum à prévoir pour un premier achat immobilier en 2025 ?

La question que tout le monde se pose. En théorie, un prêt immobilier sans apport est possible en 2025, mais les banques le pratiquent de moins en moins.

Les seuils constatés sur le marché en 2025 :

  • 0 % d’apport : rare, réservé aux profils fonctionnaires ou très hauts revenus
  • 5 à 10 % : le minimum attendu par la majorité des établissements (couvre les frais de notaire)
  • 10 à 20 % : profil idéal pour obtenir le meilleur taux
  • Plus de 20 % : dossier premium, négociation facilitée

Pour Léa et Thomas, les 24 000 € représentent 9,2 % du prix du bien. C’est un peu juste mais acceptable si leur dossier est solide (CDI, stabilité de l’emploi, épargne résiduelle).

Le conseil pratique : ne mettez jamais tout votre apport. Garder 3 à 6 mois de charges en épargne de précaution est un signal très positif pour les banques. Si votre apport ne suffit pas, le PTZ 2025 peut compléter votre financement sans intérêts.


Comment optimiser son financement immobilier grâce aux aides destinées aux primo-accédants ?

C’est souvent une source d’économies négligées. En 2025-2026, plusieurs dispositifs coexistent.

Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) :

Réformé en 2024 et reconduit en 2025, le PTZ finance jusqu’à 50 % du prix d’un logement neuf dans les zones tendues (A, A bis, B1). Pour Léa et Thomas, en zone B1 (Lyon banlieue), avec des revenus de 4 800 €/mois nets soit environ 57 600 €/an, ils sont éligibles au PTZ.

Montant estimé : 80 000 € à taux zéro sur 20 ans avec 5 ans de différé. Soit une mensualité PTZ de seulement 444 €/mois à partir de la 6e année — mais rien les 5 premières. Pour en savoir plus, consultez notre guide Prêt à Taux Zéro : Comment Maximiser son PTZ en 2025.

Le Prêt Action Logement :

Si l’un des deux travaille dans une entreprise de plus de 10 salariés, le Prêt Action Logement permet d’emprunter jusqu’à 40 000 € à 1 % (taux 2025). Thomas est salarié dans une PME de 35 personnes : il peut en bénéficier.

Le Prêt d’Accession Sociale (PAS) :

Sous conditions de ressources, le Prêt d’Accession Sociale permet de financer jusqu’à 100 % du projet avec des taux plafonnés et la garantie de l’État. Compatible avec le PTZ.

Simulation du financement optimisé de Léa et Thomas :

SourceMontantTauxDurée
Apport personnel20 000 €
PTZ (neuf, zone B1)80 000 €0 %20 ans (5 ans différé)
Prêt Action Logement30 000 €1 %15 ans
Prêt bancaire principal156 900 €3,4 %25 ans
Total financé286 900 €

Avec ce montage, leur mensualité en phase initiale (5 premières années) est de seulement 1 130 €/mois, bien en dessous de leur capacité maximale. C’est confortable et sécurisant.


Quelles erreurs de budget faut-il absolument éviter lors d’un premier achat immobilier ?

L’expérience des primo-accédants montre des erreurs récurrentes. Les voici clairement listées :

  • Oublier les charges de copropriété dans le calcul mensuel — elles peuvent atteindre 300 à 600 €/mois dans certains immeubles anciens
  • Sous-estimer la taxe foncière : comptez entre 800 et 2 500 €/an selon la commune et la superficie
  • Ne pas prévoir de reste à vivre suffisant après mensualité — au minimum 800 à 1 000 €/personne
  • Comparer uniquement les taux nominaux et non le TAEG qui intègre tous les frais réels du crédit
  • Négliger l’assurance emprunteur : une délégation d’assurance peut économiser de 5 000 à 15 000 € sur la durée du prêt — voir notre guide Assurance Emprunteur : Économisez sur votre Crédit Immobilier
  • Figer son budget sur un seul scénario sans prévoir de marge si le taux évolue entre l’offre et la signature

Le reste à vivre de Léa et Thomas :

  • Revenus nets : 4 800 €
  • Mensualité crédit principal : 790 €
  • Prêt Action Logement : 200 €
  • Charges copro estimées : 220 €
  • Taxe foncière mensuelle provisionnée : 120 €
  • Reste à vivre : 3 470 € — confortable, le dossier est solide.

Combien coûte réellement un crédit immobilier sur 25 ans en 2025 ?

Exemple concret avec le prêt principal de Léa et Thomas : 156 900 € à 3,4 % sur 25 ans.

  • Mensualité : 790 €/mois
  • Total des intérêts payés : 79 100 €
  • Assurance emprunteur (0,25 %/an) : 9 800 €
  • Coût total du crédit : 88 900 € en plus du capital

Ce chiffre paraît élevé, mais comparé à 25 ans de loyer à 950 €/mois (soit 285 000 € “perdus”), l’achat reste avantageux sur le long terme — surtout avec les aides qui réduisent le coût réel.


Quand est-il judicieux de faire appel à un courtier immobilier ?

Toujours, ou presque. Un courtier immobilier accède à plusieurs banques simultanément et négocie dans un volume que vous ne pouvez pas atteindre seul.

Ce qu’un courtier apporte concrètement :

  • Accès à 10 à 30 banques en une seule démarche
  • Gain de temps : 4 à 6 semaines économisées en démarches
  • Taux souvent améliorés de 0,1 à 0,3 % par rapport à votre banque habituelle
  • Sur 156 900 € à 25 ans, 0,2 % de mieux = 7 800 € d’économie

La plupart des courtiers en ligne (Meilleurtaux, Empruntis, Cafpi) sont gratuits pour l’emprunteur. Les honoraires sont pris en charge par la banque qui obtient le dossier.


Quelles sont les questions fréquemment posées concernant le budget d’un premier achat immobilier ?

Comment calculer son budget total pour un achat immobilier ?

Ajoutez au prix du bien les frais de notaire (7-8 % dans l’ancien), les frais de garantie (environ 1 %), les frais de dossier et les travaux éventuels. Comptez en général 10 à 12 % en sus du prix affiché pour être sécurisé.

Peut-on acheter avec seulement 10 000 € d’apport en 2025 ?

C’est possible mais difficile. Avec 10 000 € d’apport sur un bien à 180 000 €, cela ne couvre pas les frais de notaire. Il faudra un dossier très solide, ou recourir au PTZ et au Prêt Action Logement pour compléter. Certaines banques acceptent ce profil pour les primo-accédants en CDI.

Le PTZ est-il cumulable avec un prêt classique ?

Oui, le PTZ est un prêt complémentaire, pas un prêt unique. Il se cumule avec un prêt bancaire principal, le Prêt Action Logement, le PAS et votre apport personnel. C’est justement ce montage multi-prêts qui rend le financement primo-accédant optimisable.

Faut-il inclure les frais de courtage dans son apport ?

Non, les courtiers en ligne sont généralement gratuits pour l’emprunteur. Si vous passez par un courtier indépendant avec honoraires, ceux-ci sont souvent finançables dans le prêt global. Demandez-le explicitement lors de la négociation.

Quelle épargne garder après son apport immobilier ?

Conservez toujours un minimum de 3 mois de mensualités en épargne de précaution, idéalement 6 mois. Les banques y voient un signe de gestion saine. Cela vous protège aussi en cas d’imprévu (panne, perte d’emploi temporaire, travaux urgents).

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