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Investissement Locatif Comme Premier Achat : Bonne Idée ?

Acheter pour louer en premier achat. Rentabilité, financement, avantages fiscaux.

Oui, acheter pour louer en premier achat est possible et souvent rentable : les loyers perçus couvrent tout ou partie du crédit, et plusieurs dispositifs fiscaux (LMNP, Pinel) réduisent la note. Ce montage convient particulièrement à ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas acheter leur résidence principale, mais souhaitent tout de même se constituer un patrimoine immobilier.

Acheter un bien immobilier pour le louer plutôt que pour y habiter : voilà une stratégie qui séduit de plus en plus de primo-accédants français. Mais est-ce vraiment une bonne idée de commencer son parcours immobilier par un investissement locatif ? Entre rentabilité potentielle, contraintes de financement et avantages fiscaux, la réponse est loin d’être simple.

Décryptage complet pour vous aider à prendre la meilleure décision.

Pourquoi Faire de l’Investissement Locatif Son Premier Achat Immobilier ?

Une logique patrimoniale avant tout

De nombreux primo-accédants ne peuvent pas acheter là où ils vivent (grandes métropoles, zones tendues) en raison des prix prohibitifs. Plutôt que d’attendre indéfiniment, certains font le choix d’investir dans une ville plus accessible tout en continuant à louer leur résidence principale.

Cette stratégie, parfois appelée “locataire-investisseur” ou “rentvesting” (terme venu d’Australie), repose sur une idée simple : utiliser l’effet de levier du crédit immobilier pour se constituer un patrimoine, même sans résider dans le bien acheté.

Les profils les plus concernés

Cette approche convient particulièrement à :

  • Les actifs en mobilité professionnelle fréquente, qui ne souhaitent pas s’ancrer géographiquement
  • Les personnes vivant dans des villes comme Paris, Lyon ou Bordeaux où le prix au m² rend l’achat de résidence principale difficile
  • Les investisseurs qui ont compris que les loyers perçus peuvent financer une grande partie de la mensualité de crédit
  • Ceux qui cherchent à défiscaliser tout en se constituant un patrimoine immobilier

Quels Sont les Avantages Concrets d’Acheter pour Louer en Premier Achat ?

L’effet de levier du crédit : un outil puissant

L’immobilier locatif est l’un des rares investissements où vous pouvez emprunter pour investir, avec les loyers qui remboursent partiellement ou totalement votre crédit.

Exemple concret n°1 :

Marie, 29 ans, vit à Paris et paie 1 100 € de loyer mensuel. Elle achète un studio de 35 m² à Rennes pour 130 000 € (frais de notaire inclus).

  • Apport personnel : 15 000 €
  • Emprunt : 115 000 € sur 20 ans à 3,5 % → mensualité : ~667 €
  • Loyer perçu : 620 € charges comprises
  • Effort d’épargne mensuel réel : ~47 € (hors charges de copropriété et fiscalité)

Marie se constitue un patrimoine immobilier pour moins de 50 € par mois d’effort net, tout en restant locataire à Paris.

La rentabilité locative : des chiffres qui parlent

La rentabilité brute d’un investissement locatif se calcule ainsi :

(Loyer annuel / Prix d’achat total) × 100 = Rentabilité brute

En 2025, les rentabilités brutes varient fortement selon les villes :

VillePrix moyen m²Rentabilité brute estimée
Paris9 500 €2,5 à 3,5 %
Lyon4 800 €3,5 à 4,5 %
Rennes3 700 €4 à 5,5 %
Nantes3 900 €4 à 5 %
Clermont-Ferrand2 100 €6 à 8 %
Saint-Étienne1 100 €8 à 12 %

Les villes moyennes et dynamiques offrent souvent les meilleures rentabilités brutes pour un premier investissement.

Les avantages fiscaux disponibles en 2025

L’investissement locatif ouvre droit à plusieurs dispositifs fiscaux intéressants.

Le régime réel en location nue

En optant pour le régime réel d’imposition (revenus fonciers), vous pouvez déduire de vos loyers :

  • Les intérêts d’emprunt
  • Les charges de copropriété
  • Les travaux de rénovation et d’entretien
  • L’assurance propriétaire non-occupant
  • La taxe foncière

Si vos charges dépassent vos loyers, vous créez un déficit foncier, imputable sur votre revenu global dans la limite de 10 700 € par an (ou 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique sous conditions).

Le statut LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel)

En louant un bien meublé, vous accédez au statut LMNP, qui permet :

  • Au régime micro-BIC : abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers (71 % pour les meublés de tourisme classés)
  • Au régime réel : déduction de l’amortissement comptable du bien et du mobilier, souvent très avantageux fiscalement

Attention : Depuis 2024, le régime fiscal des meublés de tourisme a été modifié. Les abattements pour les locations Airbnb non classées ont été réduits à 30 %. Vérifiez les règles applicables à votre situation avant de vous lancer.

Exemple concret n°2 :

Thomas, 34 ans, achète un T2 ancien à Bordeaux pour 180 000 € avec 20 000 € de travaux. Il opte pour la location nue au régime réel.

  • Loyers annuels : 9 600 €
  • Charges déductibles (intérêts, charges, travaux) : 14 200 €
  • Déficit foncier : 4 600 € → imputable sur son revenu global imposable
  • Économie d’impôt (TMI à 30 %) : ~1 380 €/an les premières années

Quels Risques et Contraintes Faut-il Anticiper Avant de Se Lancer ?

Un financement plus difficile à obtenir

Premier point de vigilance : les banques ne financent pas un investissement locatif de la même manière qu’une résidence principale.

Pas de PTZ pour un investissement locatif

Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) est réservé à l’achat d’une résidence principale. Si vous achetez pour louer, vous n’y avez pas accès. C’est un avantage financier non négligeable auquel vous renoncez.

Un apport plus important souvent exigé

Les banques demandent généralement 15 à 20 % d’apport pour un investissement locatif, contre parfois 10 % pour une résidence principale. Certains établissements refusent même de financer un investissement locatif sans apport substantiel.

Le taux d’endettement calculé différemment

Il existe deux méthodes de calcul du taux d’endettement pour l’investissement locatif :

  • Méthode classique (addition) : charges + mensualité / revenus totaux (loyers inclus à 70 %)
  • Méthode différentielle : (charges + mensualité - loyers) / revenus. Certaines banques l’appliquent encore, d’autres non.

En 2025, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) maintient la règle des 35 % de taux d’endettement maximum. Assurez-vous que votre dossier tient compte des loyers futurs correctement valorisés.

Pour optimiser votre dossier, l’accompagnement d’un courtier immobilier peut faire une réelle différence, notamment pour identifier les banques les plus ouvertes à ce type de profil.

Les risques locatifs à ne pas minimiser

La vacance locative

Un bien vide, c’est zéro loyer mais des charges qui continuent. Prévoyez dans votre plan de financement une vacance locative de 1 à 2 mois par an selon la tension du marché local.

Les impayés de loyers

En France, la procédure d’expulsion peut durer 18 à 24 mois en cas d’impayés. Souscrivez une Garantie Loyers Impayés (GLI) dès le départ, dont le coût représente environ 2 à 4 % des loyers annuels.

La dégradation du bien

Même avec un dépôt de garantie, les dégradations importantes peuvent dépasser les sommes disponibles. Constituez une réserve de trésorerie dédiée.

L’évolution réglementaire

La réglementation sur les passoires thermiques évolue rapidement. Depuis 2025 :

  • Les logements classés G sont interdits à la location (nouveaux contrats)
  • Les logements classés F seront interdits à partir de 2028
  • Les logements classés E à partir de 2034

Avant d’acheter, vérifiez impérativement le DPE du bien et anticipez les travaux nécessaires. Les diagnostics immobiliers obligatoires sont un passage incontournable.

La double charge locative : un équilibre délicat

Si vous restez locataire de votre résidence principale tout en étant propriétaire-bailleur, vous supportez deux charges :

  • Votre propre loyer
  • La différence entre mensualité de crédit et loyer perçu

Exemple concret n°3 :

Sophie, 31 ans, paie 950 € de loyer à Toulouse. Elle achète un studio à Angers pour 85 000 €.

  • Mensualité crédit (15 ans, 3,4 %) : 605 €
  • Loyer perçu : 520 €
  • Effort net mensuel : 85 €
  • Charge totale mensuelle (loyer + effort) : 1 035 €

C’est gérable si ses revenus le permettent, mais le moindre imprévu (vacance, travaux) peut fragiliser l’équilibre.

Comment Maximiser la Rentabilité de Son Premier Investissement Locatif ?

Bien choisir sa ville et son bien

La localisation reste le critère numéro un. Privilégiez :

  • Les villes universitaires avec forte demande locative (Rennes, Nantes, Grenoble, Montpellier)
  • Les villes en développement économique avec de nouveaux employeurs
  • Les quartiers proches des transports en commun, universités ou zones d’emploi
  • Les biens avec peu de copropriété (moins de charges)

Optimiser le financement

Comparez les offres de plusieurs établissements bancaires. Les taux varient significativement selon les banques et votre profil.

N’oubliez pas de négocier l’assurance emprunteur : grâce à la loi Lemoine (2022), vous pouvez changer d’assurance à tout moment, ce qui peut représenter une économie de plusieurs milliers d’euros sur la durée du crédit.

Consultez également les taux immobiliers actuels pour savoir si le moment est opportun pour emprunter.

Maîtriser la fiscalité dès le départ

Le choix du régime fiscal (micro-foncier, réel, LMNP micro-BIC, LMNP réel) doit être fait dès l’acquisition avec l’aide d’un comptable ou d’un conseiller fiscal. Une erreur de régime peut coûter plusieurs centaines à milliers d’euros par an.

Intégrer les frais annexes dans le calcul

Un investissement locatif rentable sur le papier peut décevoir si vous oubliez :

  • Les frais de notaire (7 à 8 % dans l’ancien, 2 à 3 % dans le neuf)
  • Les frais d’agence immobilière (achat et gestion locative)
  • La taxe foncière (en hausse dans de nombreuses communes)
  • Les charges de copropriété non récupérables
  • La comptabilité LMNP si vous optez pour ce régime
  • L’assurance PNO (Propriétaire Non Occupant)

Investissement Locatif ou Résidence Principale : Comment Choisir en Premier Achat ?

Quand l’investissement locatif est la meilleure option

  • Vous vivez dans une grande ville où les prix sont inaccessibles
  • Votre situation professionnelle implique une mobilité dans les 5 prochaines années
  • Vous souhaitez vous constituer un patrimoine tout en restant flexible
  • Vous avez identifié un marché locatif porteur avec une bonne rentabilité

Quand la résidence principale reste prioritaire

  • Vous êtes stable géographiquement et professionnellement
  • Vous souhaitez bénéficier du PTZ et des aides aux primo-accédants
  • Votre capacité d’endettement ne permet pas de supporter une double charge
  • Vous préférez la sécurité de “rembourser votre propre loyer”

Pour structurer votre réflexion, consultez notre guide complet sur le premier achat immobilier qui vous accompagne étape par étape dans votre projet.

La stratégie hybride : une voie intermédiaire

Certains primo-accédants adoptent une approche en deux temps :

  1. Phase 1 (1 à 5 ans) : Investissement locatif dans une ville accessible, constitution d’un patrimoine et d’un historique bancaire positif
  2. Phase 2 : Revente du bien locatif (avec plus-value potentielle) ou conservation pour financer l’achat de la résidence principale

Cette stratégie permet de “s’entraîner” à l’immobilier tout en préparant l’achat de sa résidence principale future.

Combien Peut-on Espérer Gagner avec un Investissement Locatif en 2025 ?

Selon les données du marché immobilier français en 2025 :

  • Le prix moyen au m² dans les 10 plus grandes villes françaises dépasse 4 200 €
  • La rentabilité brute moyenne en France oscille entre 4 et 6 % selon les zones
  • Les villes de taille intermédiaire (50 000 à 200 000 habitants) offrent les meilleures combinaisons rentabilité/risque
  • Le taux de vacance locative est inférieur à 5 % dans la plupart des villes universitaires
  • Environ 15 % des primo-accédants choisissent désormais l’investissement locatif comme premier achat, une tendance en hausse

Pour calculer précisément votre capacité d’emprunt et simuler votre projet, utilisez notre simulateur de crédit immobilier.


FAQ

Un primo-accédant peut-il vraiment obtenir un crédit pour un investissement locatif ?

Oui, absolument. Le statut de primo-accédant ne vous empêche pas d’obtenir un crédit pour un investissement locatif. Cependant, les conditions sont généralement plus strictes que pour une résidence principale. Les banques examineront attentivement votre stabilité professionnelle (CDI fortement apprécié), votre capacité d’épargne, votre taux d’endettement (qui ne doit pas dépasser 35 % avec les loyers intégrés) et votre apport personnel. Un apport de 15 à 20 % du prix d’achat est souvent requis. L’accompagnement d’un courtier peut vous aider à identifier les établissements les plus ouverts à ce type de profil et à optimiser la présentation de votre dossier.

Est-il possible de bénéficier d’aides à l’achat pour un investissement locatif ?

La plupart des aides classiques aux primo-accédants (PTZ, prêt Action Logement, prêt conventionné) sont réservées à l’achat d’une résidence principale et ne sont pas accessibles pour un investissement locatif. En revanche, vous pouvez bénéficier d’avantages fiscaux spécifiques : déduction des charges au régime réel, déficit foncier, amortissement en LMNP. Certaines communes proposent aussi des aides à la rénovation (ANAH, MaPrimeRénov’) applicables aux biens locatifs sous conditions. Si votre projet inclut la rénovation énergétique, renseignez-vous sur ces dispositifs qui peuvent significativement améliorer la rentabilité de votre investissement.

Quelle est la durée minimale conseillée pour un investissement locatif rentable ?

L’immobilier locatif est un investissement de long terme. Pour amortir les frais d’acquisition (notaire, agence, garantie bancaire), il faut généralement conserver le bien au minimum 5 à 7 ans, voire 10 ans pour optimiser la rentabilité globale. En dessous de 5 ans, les frais d’entrée “mangent” une grande partie de la plus-value potentielle. De plus, la plus-value immobilière sur un bien locatif est imposée à 19 % (+ 17,2 % de prélèvements sociaux) avec des abattements progressifs à partir de la 6ème année de détention, et une exonération totale au bout de 22 ans (30 ans pour les prélèvements sociaux). Plus vous gardez le bien longtemps, plus la fiscalité à la revente est favorable.

Faut-il gérer soi-même son bien locatif ou passer par une agence ?

Les deux options ont leurs avantages. La gestion en direct vous permet d’économiser les frais d’agence (généralement 6 à 10 % des loyers annuels), mais elle demande du temps et des connaissances en droit locatif. La gestion déléguée à une agence est plus sereine, surtout pour un premier investissement ou si vous êtes éloigné géographiquement. Pour un premier investissement locatif, surtout si vous n’avez pas d’expérience, déléguer la gestion pendant les premières années peut être un bon compromis : vous apprenez les rouages du marché locatif tout en étant accompagné. Les frais de gestion sont par ailleurs déductibles de vos revenus fonciers au régime réel.

Quel type de bien est le plus adapté pour un premier investissement locatif ?

Pour un premier investissement, les petites surfaces (studio, T2) restent les plus accessibles financièrement et offrent généralement les meilleures rentabilités au m². Elles sont très demandées par les étudiants et jeunes actifs. Cependant, elles présentent aussi un taux de rotation des locataires plus élevé (1 à 2 ans en moyenne), ce qui génère plus de vacance locative et de frais de remise en état. Les T3 et T4 dans des villes moyennes attirent des familles qui restent plus longtemps, mais la rentabilité brute est souvent inférieure. Le parking ou box peut être une première étape intéressante (ticket d’entrée faible, gestion simple), mais la rentabilité est variable. Quel que soit votre choix, l’emplacement reste le critère déterminant : un bon bien au mauvais endroit sera toujours moins performant qu’un bien moyen bien situé.

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